Carnet de route

Et pourquoi pas l'Ardèche : LA CHAM DU CROS

Le 06/05/2018 par Rémi Geoffroy

Une rando sur un sommet ardéchois, c’est pas tous les jours… Quand j’ai vu cette proposition au calendrier du club, je n’ai pas résisté, allez je m’inscris (pour la première fois depuis près de 2 ans… l’occasion de renouer, enfin !).


Laboule, c’est pas à côté de Saint-Étienne... Et comme d’autre part la météo annonce pour aujourd’hui de probables orages là-bas à partir de 17h, on a démarré en voitures de Sainté à 6h 30, et à pied de Laboule à 9h30. Fraicheur matinale, ciel bien dégagé, c’est (bien) parti.
Après une marche d’approche bucolique et rafraichissante vers l’Est, petites montées et descentes en vallée avec de temps à autre quelques petits hameaux (le Braud, Valos, Valousset) avec fermes, ruisseaux et fontaines caractéristiques, la "vraie" montée débute après un point bas (534m) à la croix de Valousset. À partir de là, plus on monte à découvert, plus on en prend plein les yeux. Le sentier se raidit et l’Ardèche sauvage s’offre à nous dans son aride splendeur. Derrière nous on devine Valos et Valousset tout en bas, cependant que de tous côtés le paysage s’ouvre vers de lointains et mystérieux horizons montagneux… D’imposants rochers aux formes fantastiques surgissent ici et là de la couverture végétale, de plus en plus nombreux au fur et à mesure de notre progression. Il commence à faire vraiment chaud, les crèmes solaires sortent des sacs…


Quand arrive enfin le Col du Merle, c’en est fini soudain de notre splendide solitude : il y a un peu de monde, et surtout on perçoit, heureusement assez faiblement, un martèlement lointain, sourd, continu et régulier… une teuf techno ??!! Bon, on ne s’attarde pas, on essaye d’oublier et on attaque la belle montée rocheuse à droite. Nous voici bientôt face au vaste dôme très aplati (la cham…) du sommet : quelques rares arbrisseaux dans un océan de touffes d’herbe clairsemées. Mais pour y accéder, il nous faut quitter la trace et bartasser droit devant nous dans les genêts et quelques ronces inoffensives. Quand nous arrivons près du cairn (peu avant 13h), il ne nous reste plus qu’à nous poser, si possible à l’ombre (symbolique…) d’un des arbustes plantés là par le propriétaire de ce vaste pâturage. Par chance, le ciel qui s’était insensiblement étoffé de cumulus de toutes dimensions va nous offrir pour notre festin un gros nuage sombre juste au-dessus de nos têtes, qui ne bougera pas de là pendant une bonne heure… les dieux sont avec nous !


Dommage qu’il n’y ait pas là de table d’orientation, car d’ici la vue panoramique est extraordinaire. Gérard, notre guide du jour et aussi grand expert en repérages de sommets et massifs lointains, nous en indique quelques-uns (dont les plus proches, le Tanargue et le Rocher d’Abraham, mais aussi le Ventoux, le Mont Lozère, les Cévennes etc.).


Après une bonne piste vers le Sud, la descente nous réserve un passage assez raide dans de très beaux rochers, mais personne ne s’en plaint, on trouve ça plutôt ludique. La chaleur est toujours bien présente et nous accompagnera tant que nous serons à découvert. À partir de la Vernade, on rentre enfin en sous-bois : la pause s’impose. La suite est toujours agréable et variée. On retrouve notre voie de montée à Valousset, du coup on croit qu’on est presque arrivé… mais pas du tout, il reste encore un bon bout de trajet à faire !


C’est là qu’un vieil habitant de Valos va nous offrir (du moins à une partie du groupe en queue de peloton) un divertissement inattendu : il m’adresse la parole et on cause un peu, de nos âges respectifs (il me demande le mien, puis... me serre la main !), des paysages et des activités ancestrales des habitants du hameau… et il en profite pour nous raconter sa vie. C’est très intéressant, mais des grondements sourds m’avertissent de l’arrivée de l’orage annoncé par la météo (exacte et ponctuelle pour une fois !). C’est sa femme qui, sortant de leur belle maison ancienne, prend vite conscience de l’urgence qu’il y a pour nous à abréger la conversation, vu la couleur et le tintamarre célestes. On prend donc congé et, regroupés, nous allongeons le pas, il doit rester près d’une demi-heure de marche ?


Mais les dieux étant décidément avec nous aujourd’hui, notre rando va se terminer en happy end. Le tonnerre persiste mais ne s’aggrave pas, la pluie se retient de tomber tant qu’elle peut. Et c’est juste quand on arrive vers l’église et nos voitures, vers 17h15, qu’elle commence doucement à se lâcher. Les habitants qui nous voient arriver n’en reviennent pas, "ben vous en avez de la chance, vous alors !". Ben non, c’est juste Gérard qu’avait tout bien prévu !







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