Carnet de route

Semaine rando montagne : les cols italiens des Alpes Grées (aout 2019)

Le 04/08/2019 par Jean-François FUSTEC

Entre les parcs nationaux de la Vanoise et du Grand Paradis, les Alpes Grées offrent au montagnard un bel espace avec tout ce qu'il faut pour se faire plaisir, et c'est ce que nous avons fait pendant une semaine. Cette année, randonnée totalement itinérante, en portant nos gros sacs d'un refuge à l'autre.
Parmi les objectifs, il y avait d'abord l'envie de retrouver quelques beaux sites explorés en 2016, et notamment la Becca Traversiere et le Tsaintelena ; également le choix de partir de France pour réduire la route et les frais. Nous avons donc posé les voitures près de Ste Foy Tarentaise, au parking du Grand Bois (1800 m), jusqu'au retour.

- Le premier jour, une étape d'acclimatation nous fait contourner la station de Ste Foy en appréciant la forêt en ce jour d'été très ensoleillé, puis découvrir les alpages près du refuge de l'Archeboc (2000 m). Montagne à vaches, clarines, myrtillers.

- Le deuxième jour, nous montons, en essuyant un peu de pluie, au col du Mont (2600 m) pour entrer en Italie, redescente dans la vallée de la Valgrisenche (1800 m) puis remontée jusqu'au Chalet de l'Epée (2400 m). C'est un joli refuge dans un joli coin, avec vue sur le Ruitor ; étape sans difficulté technique, mais un bon dénivelé bien franc.

- Le troisième jour, nous restons à peu près dans les mêmes altitudes, en balcon au-dessus de la vallée, mais avec beaucoup de micro-dénivelés (de quelques dizaines de mètres en moins puis en plus) et des passages de blocs, ce qui fait une étape plus fatigante que ce que la carte permettait de calculer ; le passage par le lac Saint Martin (2600 m), avec un temps hors sentier très facile, apporte sa touche de détente, avant la descente sur le refuge Mario Bezzi (2200 m). Le refuge étant bondé, on nous a collés dans une annexe, où nous sommes entre nous mais mal servis en sanitaires. Au dessus de nous le glacier de la Gliairetta se laisse peu admirer car la pluie et le brouillard arrivent en soirée, augurant mal pour le lendemain.

- Le quatrième jour, départ plus tôt parce que la pluie est prévue en après-midi ; au programme, le passage du col Bassac nord (3200 m) avec un pierrier délicat - petits caillous instables et interdiction de tomber. Après moins d'une heure, la pluie se met à tomber fortement, accompagnée d'un vent fort. C'est dans ces conditions que nous faisons néanmoins une pause grignotage - équipement - briefing, avant d'attaquer le pierrier. Heureusement l'intempérie s'arrête juste le temps de passer ce secteur difficile, où tout le monde se comporte parfaitement. Au col, à peine le temps de boire un coup que l'orage se déclenche, tapant fort tout autour de nous, et c'est avec un stress maximum que nous dévalons les premières centaines de mètres de dénivelés, heureusement bien balisés sur ce versant. Accalmie qui nous laisse le temps de sécher et d'apercevoir un chamois, puis retour de la pluie et du brouillard alors que nous remontons dans les alpages verdoyants, dans une ambiance digne du Connemara, jusqu'au refuge Benevolo. Dix mètres de cordelette tendue entre les dortoirs permettra de faire sécher les affaires de tous.

- Le lendemain, ça tombe bien, c'est repos, et nous pouvons rester dans les chambres. Le midi, petit repas style restau à la terrasse du refuge, dans une ambiance très italienne, les familles montant de Thumel (vallée de Rhêmes) sur la journée. Cent repas servis par le refuge, et cent pique-niqueurs à côté du refuge ! L'après-midi, une randonnée courte et sans bagages, mais une vraie randonnée quand même, le tour du Truc de Tsaintelena, avec superbe lac glaciaire (voir la photo), glacier, pierrier lumineux, gorge, cascade, un régal.

- Le sixième jour, remontée vers le glacier de Goletta et son torrent, puis grosse bavante dans les blocs pour atteindre le col Bassac Déré. Après avoir posé le plus gros des sacs, nous gravissons en aller-retour la pointe Becca Traversière, à la frontière. A proximité, deux grands glaciers sous nos pieds (Goletta et Gliairetta), l'aiguille de la Grande Sassière, le lac de Tignes en contrebas. Plus loin, la Vanoise, le Grand Paradis, le Ruitor. Encore plus loin, le Mont Blanc (côté italien), les Dents du Midi, le Cervin et le Mont Rose, la Meige. Redescente avec un passage engagé sur un petit bout de falaise (R3) qui mériterait deux mètres de cable et une pédale, mais le groupe assure parfaitement ; ensuite, pause sieste et bronzage au bord d'un petit lac, cueillette de génépi pour certaine, et reprise du sentier qui parait ne pas en finir, jusqu'à Mario Bezzi.

- Le dernier jour, il s'agit de remonter au col du Rocher Blanc - sans grand intéret sur ce versant - pour quitter l'Italie puis redescendre - dans le brouillard, entre moutons et patou ; bonne surprise, après la pause de midi au bord d'un joli torrent, nous terminons la semaine au soleil, dans un chouette paysage de forêts et d'alpages, par le superbe hameau de Bonneval où deux chêvres vagabondes se joignent au groupe pendant un kilomètre.

Les refuges italiens sont sympas. Les gardiens sont d'abord des restaurateurs, et on a eu du mal à avoir des infos sérieuses sur la météo et des conseils sur les itinéraires. D'autre part en étant partiellement sur le circuit classique du tour du Grand Paradis, nous sommes tombés sur l'affluence d'autres groupes qui font tous les mêmes étapes. Au retour, c'était plus tranquille. 

J'ai eu la chance d'encadrer un groupe sympa et homogène, ce fut un plaisir toute la semaine.
Merci et bravo :

  • A Gabriel pour son pied de chamois, et la progression depuis l'an dernier.
  • A Pierre-André pour son aide dans les passages engagés
  • A Jean-Marc pour les parties de rami et globalement sa contribution à l'animation
  • A Odette pour sa fidélité et son aptitude à monter les cols en cycliste
  • A Solange pour sa présence soutenue par les photos et ses grosses blagues
  • A Virginie pour la touche d'esthétisme
  • A Nicole pour le rapprochement des clubs de Lyon et St Etienne
  • A Elodie pour sa spontanéité qui nous fait nous sentir plus jeunes
  • A Pascale pour son énergie et son désir de progresser,
  • et à Monique, qui m'a aidé en amont en s'occupant des réservations.

NB : Ce trek a manqué d'animaux sauvages (deux chamois, des marmottes, un aigle ...). Pour se consoler on peut lire le numéro de septembre 2019 de Terre Sauvage : dossier principal sur le parc du Grand Paradis, et dossier secondaire sur celui du Livradois-Forez - mais ça c'est une autre histoire.







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